Qui perd gagne: Le Feuilleton, Le Chapitre Trois(1957)

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Qui perd gagne: Le Feuilleton, Le Chapitre Trois(1957)


“Star Cine Roman”, 1 February, 1957.

C’est ainsi, que par une merveilleuse tournée de printemps, ils pénètrent dans l’enchanteresse ville de Monte-Carlo, et se dirigent vers le palace, où sur ordre de Monsieur Dreuther, leurs chambres ont été retenues. Personne, à l’exception des employés de l’hotel, ne s’est aperçu de leur venue, mais les deux jeunes gens n’en ont pais moins l’impression que le ciel, la mer, le arbres et les maisons ont revêtu leur tenué de gala pour les mieux saluer …

L’éclat du grand-hôtel, les portiers qui se précipitent pour les accueillir, tout concourt à donner aux jeunes gens l’impression excitante de pénètrer pour la première fois dans un monde tout de distinction et de luxe …

Tony ne peut s’empêcher de se sentir un peu clandestin dans ce monde nouvau pour lui … Cary, au contraire, est transportée par un enthousiasme exubérant …

Dans le hall, une statuette de bronze retient leur attention: elle représente un cheval, dont une des pattes est recouverte d’argent comme le reliques de certains saints …

Tony: Qu’est-ce que c’est que ce cheval? Il’ a une patte qui est comme le pied de saint Pierre à Rome: on devine que les gens le touchent comme un porte-bonheur…”

Il n’a pas fini de le dire, que Cary se précipite pour frotter la patte du cheval avec la dernière énergie …

Tony: Comme tu es, superstitieuse!

Cary: Il y a déjà assez de gens malheureux dans le monde, je n’ai aucune envie d’en augmenter le nombre …

Monsieur Clerk un des directeurs de l’hôtel, les conduit à leur appartement, si élégant que les jeune gens ont le souffle coupé…

Clerk: C’est l’appartement royal … vous pourrez voir tout Monte-Carlo de vos fenêtres. Nous réservons toujours cet appartement aux amis de monsieur Dreuther … a gauche, la petite chambre, à droite, la plus grande … madame dira où elle désire qu’on dépose ses valises. J’espère que l’appartement vous plaira …

Les deux fiancés restent seuls. Le fait de n’être pas encore mariée et de se trouver seule dans un appartement avec Tony embarrasse un peu Cary, même s’il s’agit d’un appartement royal …

Tony: Où vas-tu faire porter les valises, ma chérie? Dans la grande ou dans la petite chambre?

Cary: Aucune importance, je pense … nous tirerons au sort pour savoir qui aura la grande ou la petite chambre …

Mais cette solution ne semble pas satisfaire Tony …

Tony: Comment? Veux-tu répéter … je ne crois pas avoir bien compris …

Cary: Si tu veux, je peux même te l’écrire … mai je croix que tu as parfaitement compris ce que je voulais dire …

Tony: Hmmm … j’ai peur que oui. Tu sais, j’ai l’impression que tu aurais mieux fait d’épouser un’Anglais. Il se serait résigné plus facilment …

Cary: Je ne sais pas. Je n’ai jamais été amourause d’un Anglais …

Tony: Jamais?

Cary: Non. Jusqu’à présent, je n’ai aimé qu’un homme … qu’il est plutôt difficile de faire patienter. Si je n’étais pas aussi fatiguée, j’aurais aimé faire un tour au Casino. Ce n’est pas dangereux pour nous, puisque nous ne jouons pas … c’est une chance, que nous ne pensions pas, comme eux, seulement à l’argent!

Tony: Oui, vraiment! Mais, si tu es fatiguée, pourquoi n’irons nous pas nous reposer dans une des deux chambres … la grande ou la petite, comme tu veux?

Cary: Non, non, chérie, je crois vraiment qu’il vaut mieux que allions au Casino …

Tony: Mais non, mon petite … tu as dit que tu érais fatiguée. Tu ferais mieux de te reposer, ne crois-tu pas? Viens, je t’accompagne …

Cary: Non, chérie, je me reposerai après … allons au Casino.

Cary sait bien que, s’ils s’attardent encore, leur première visite au casino sera sérieusement cómpromise; aussi se dégage-t-elle de Tony, qui se résigne, non sans un profond soupir …

Une fois au Casino le léger mécontentement de Tony disparaît bien vite devant l’animation de la salle, la fièvre des joueurs, les announces monotones des croupiers. L’accoutrement d’une vieille dame amuse follement la jeune fille …

Cary: Eh, regarde cette femme. At-tu vu ce qu’elle a sur la tête? Un vrai nid d’oiseaux …

Mais c’est surtout le manège de la vieille dame qui intrigue Cary. Elle la voit qui s’approche des gagnants pour se faire donner par chacun un jeton. Une façon comme une autre de gagner sa soirée. Ils continuent à errer entre les tables, mais ils finiissent toujours par se retrover au même endroit. Preque sans y prendre garde, Cary contemple un jeune jouer particulièrement malchanceux, qui, de son côté, lui rend toute son attention … Le jeu continue et le jeune homme perd toujours. Cary, un peu apitoyée, se tourne vers Tony …

Cary: Tony, regarde ce pauvre garçon. Il a l’air vraiment anooissé. Crois-tu qu’il se suicidera?

Tony: L’atmosphère te fait devenir romantique …

Cary se sent vaguement excitée. Les coups d’oeil du jeunne homme par qui elle se sent observée, lui donnent envie de se faire remarquer un peu plus. Tony, lui, est plutôt agacé.

Cary: C’est vrai, je me sens un peu romantique …

Tony: A force de regarder ce type …

Au même moment, le “type” décoche à la jeune fille un oeillade des plus provocantes … à larquelle Cary ne peut s’empécher de réponder par un sourire …

Est-ce le bruqsque sense du romantique qui la pousse à vouloir sauver ce jeune être vaincu par le vice et la malchance ou bien pense-t-elle qu’un témoignage diamitié detournerait le jeune homme de l’idée du suícide? Peut-être … mais deux hommes en tout cas, interprêtent sa conduite d’une façon bien diverse … l’un est Tony, presque son mari, et l’autre, le jeune joueur …

Le colloque muet se prolonge un peu, et Tony de plus en plus agacé, tente vainement, de créer une diversion. Puis, le jeune homme se décide à parler, révélant, ainsi son origine Anglaise …

Man: Bonsoir, Mademoiselle …

Cary: Bonsoir …

Man: Cela vous amuserait-il de jouer un peu pour moi? Peut-être réussiriez-vous à me rendre la chance …

Cary: Oh non, merci. J’aime seulement regarder …

A la grande déception de Cary, le jeune homme recommence à jouer. Tony est à la limite de l’exaspération …

Tony: Si tu veux passer toute la soirée ici, ne te gêne pas!

Cary: So tu veux partir, partons …

Tony ne se fait pas répéter deux fois et se dirige résolument vers la sortie …

Tony: Je crouais que les Anglais ne t’intéressaient pas …

Cary: Oh! Sais-tu que tu deviens odieux? J’avais simplement pitié de ce pauvre garçon qui est en train de perdre ses derniers centimes …

De retour à l’hôtel, leur excellent dîner ne réussit pas à dissiper leur léger malentendu. L’appartement royal et toute sa magnificence les accueille sans qu’ils aient encore le problème des chambres …

Cary: Alors, tu as décidé quelle chambre tu veux?

Tony: Oh, ça m’est parfaitement égal …

Cary: Sans doute, comme homme, préfères-tu la grande chambre …

Tony: J’en conclus qui toi, tu préfères la petite … restons-en là … Bonne nuit.

Mais l’appartement royal réserve bien des surprises aux couples qui ont décidé de faire chambre à part. Un long balcon, divisé seulement par une petite grille unit les deux chambres. Ce qui leur permet de continuer leur conversation …

Tony: Ecoute, chérie … sais-tu que nous nous sommes presque disputés? As-tu donc oublié que demain, dès l’arrivée de Monsieur Dreuther, nous devons nous marier?

Cary est enchantée de renouer la conversation, de chaque côté de cette barrière, qui, bien que symbolique, suffit à faire taire ses scrupules …

Cary: Je serai presque contente que Monsieur Dreuther retarde son arrivée … Nous nous passerions de lui pour nous marier; cet hôtel me plaît tellement …

Tony: A moi aussi, mais j’ai vu ce qu’il coute, et tout ce que nous possédons suffrait tout juste à y passer deux jours. Dis, pourquoi ne t’approchés-tu pas un peu? Tu me tais tellment crier que demain tout Monte-Carlo saura que nous sommes fauchés …

Cary s’approche un peu …

Cary: Tu n’as pas besoin de crier ces choses-là…

Tony: Je ne veux pas crier ces choses-là. Mais encore moins ce que nous avons à nous dire, tous les deux, et que personne ne doit jamais entendre …

Cary: Qui donc? Quand je pense que nous passerons toute notre vie ensemble, je me demande si nous trouverons toujours quelque chose à nous dire

Tony: Je pense que nos meilleurs moments seront ceux où nous ne nous dirons rien …

Cary: Tu vois comme tu es … je te pose une question sérieus et toi …

Tony: Mon trésor, moi aussi, je suis très, très sérieux … chérie, je …

Cary se rent bientôt compte de l’insuffisance de la petite barrière, et se retranche dans sa chambre. Ce geste n’est guère du goût de Tony, qui essaie de se distraire comme il peut … la mélancolique résignation du jeune homme incite Cary à se rendre … certes, elle e lui ferait une belle surprise, si elle emjambait la séparation de leur balcon et courait l’embrasser … aussitôt dit, aussitôt fait et Tony la reçoit dans ses bras en tremblant à l’idée du risque couru par la jeune fille … elle aurait pu tomber!

Tony: Oh, chérie! Tu m’as, fait une belle peur …!

Cary: Je me sense si heireuse … mais aussi un peu drôle, car c’est la première fois que je me trouve avec un monsieur …en cette renue!

D’un baiser ardent, il clôt ses lèvres tremblantes … quand leur vertige cesse, ils se retrouvent enlacés sur le providentiel fauteuil placé près du balcon. Cary tente vainement de reprendre leur conversation …

Cary: Crois-tu que nous avons vraiment quelque chose en commun? Tu aimes la poésie et les mathématiques; moi, je ne comprends rien aux maths et j’ignore tout de la poésie …

Tony: Ne t’occupe pas de ça, ma chérie … c’est toi, ma poésie … et ma femme …

Cary: Oh non, demain … seulemente demain je serai ta femme … non, Tony …

TO BE CONTINUED


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